À combien peut s’évaluer aujourd’hui une œuvre de Diego Giacometti (1902-1985) ? Sculpture, mobilier, dessin ou modèle animalier : chaque pièce possède une cote distincte. Ce guide vous offre des repères fiables pour comprendre la valeur d’une œuvre de cet artiste majeur du XXᵉ siècle. Découvrez nos conseils d’estimation et faites expertiser votre œuvre gratuitement par un commissaire-priseur spécialisé.
Cote, valeur et estimation des œuvres de Diego Giacometti
Le marché de l’art porte un regard passionné sur l’œuvre de Diego Giacometti, frère cadet et collaborateur d’Alberto Giacometti. Connu pour ses meubles sculpturaux, ses luminaires poétiques et ses bronzes animaliers stylisés, Diego a su imposer un univers propre, à mi-chemin entre l’art, la nature et l’artisanat d’art. Très recherché des collectionneurs, son travail atteint aujourd’hui des prix élevés, particulièrement sur le marché du mobilier d’artiste et des arts décoratifs.
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Mobilier en bronze : la spécialité la plus prisée
Diego Giacometti est surtout célèbre pour ses tables, consoles, fauteuils, guéridons et lampes en bronze. Ces pièces, souvent conçues à la demande, associent formes végétales, figures animales et équilibre des lignes. On y retrouve fréquemment des éléments décoratifs comme des renards, chouettes, grenouilles, branches ou feuillages stylisés.
- Tables et consoles en bronze : selon les dimensions, le décor et la provenance, les prix varient généralement de 120 000 € à plus de 600 000 €.
- Lampes et candélabres : entre 40 000 € et 180 000 € selon la rareté et l’état.
- Chaises, fauteuils et bancs : autour de 80 000 € à 250 000 €.
- Tables basses ou guéridons : souvent estimés entre 60 000 € et 180 000 €.
Les modèles les plus rares, comme ceux conçus pour la Fondation Maeght ou des commandes privées prestigieuses, peuvent dépasser le million d’euros.
Sculptures et objets en bronze
Outre son mobilier, Diego Giacometti a également produit des bronzes animaliers autonomes : hiboux, chevreuils, renards, chats stylisés. Ces pièces peuvent être indépendantes ou tirées de modèles décoratifs intégrés à ses meubles.
- Bronzes animaliers : leur valeur se situe généralement entre 30 000 € et 120 000 €, en fonction de la taille, de l’édition (si elle existe), et de la provenance.
- Éléments de décoration ou prototypes : certaines petites pièces, telles que poignées, pommeaux ou pieds de meuble, peuvent aussi atteindre 20 000 € à 50 000 €.
Ces œuvres séduisent un public de collectionneurs sensibles à l’esthétique épurée, à la touche artisanale et à la poésie silencieuse qui émane de son travail.
Dessins et études préparatoires
Diego Giacometti a laissé un certain nombre de dessins au crayon, fusain ou encre, réalisés en préparation de ses meubles ou comme esquisses libres. Leur diffusion reste limitée, ce qui en accroît la rareté.
- Dessins préparatoires : entre 5 000 € et 15 000 € selon le format et le sujet.
- Études animalières ou florales : autour de 8 000 € à 25 000 € pour les pièces signées et documentées.
Les œuvres graphiques de Diego sont prisées pour leur finesse et leur lien direct avec son travail tridimensionnel. Leur authenticité et leur datation sont des facteurs déterminants dans l’évaluation.
Quels critères influencent la valeur d’une œuvre de Diego Giacometti ?
- L’authenticité : une pièce signée, documentée et bien référencée a une cote nettement plus forte. Les œuvres issues de collections connues ou liées à des commandes identifiées (comme la Fondation Maeght) sont particulièrement valorisées.
- La provenance : une œuvre issue directement de l’atelier, d’un héritier ou d’un collectionneur connu renforce la confiance du marché.
- L’état de conservation : les bronzes doivent avoir conservé leur patine d’origine. Toute restauration non documentée peut influencer négativement la valeur.
- Le sujet : certains motifs, comme les chouettes, arbres stylisés ou renards, sont particulièrement recherchés.
Diego Giacometti (1902-1985) : Biographie complète d’un maître discret du bronze
Les origines d’un artisan-artiste
Diego Giacometti naît le 15 novembre 1902 à Borgonovo, dans le canton des Grisons en Suisse italienne, au sein d’une famille d’artistes. Il est le cadet de Giovanni Giacometti, peintre post-impressionniste reconnu, et le frère d’Alberto Giacometti, qui deviendra l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle.
Très tôt, Diego baigne dans un univers artistique et artisanal. Contrairement à son frère aîné, il ne suit pas un cursus artistique académique, mais apprend sur le tas, en observant, en modelant, en dessinant. Après un séjour à Genève, il rejoint Alberto à Paris dans les années 1920, devenant son assistant fidèle. C’est dans la capitale française qu’il développe son langage personnel.
Une vie d’atelier et de création silencieuse
Durant plus de quarante ans, Diego travaille dans l’ombre d’Alberto, l’assistant dans ses réalisations, fondant ses bronzes, fabriquant ses armatures, préparant les matériaux. Il devient une figure incontournable de l’atelier de la rue Hippolyte-Maindron, à Montparnasse.
Mais Diego n’est pas seulement un technicien : il est aussi un créateur. Dès les années 1930, il commence à produire ses propres meubles et objets décoratifs, à mi-chemin entre sculpture et artisanat. Cette activité devient plus visible après la mort d’Alberto en 1966, moment où Diego prend pleinement sa place d’artiste à part entière.
Un langage propre : l’art du mobilier poétique
Les œuvres de Diego Giacometti sont immédiatement reconnaissables : mobilier en bronze patiné, lignes sobres, motifs animaliers et végétaux stylisés. Contrairement à son frère dont les sculptures expriment l’angoisse existentielle, Diego adopte un ton plus apaisé, poétique, presque onirique.
Il façonne des chaises dont les pieds sont des branches, des tables soutenues par des renards, des luminaires ornés d’oiseaux silencieux. Son style se caractérise par un équilibre subtil entre l’élégance formelle, la douceur des matières, et un rapport sensible à la nature. Chaque pièce semble unique, artisanale, touchée par une main amie.
Les grandes commandes et la reconnaissance
Dans les années 1970-1980, Diego reçoit plusieurs commandes majeures qui consacrent son œuvre. Il réalise le mobilier de la Bibliothèque nationale de Paris, ainsi que celui de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, pour lequel il crée un ensemble complet de meubles sculptés, parmi ses plus grands chefs-d’œuvre.
Son nom circule de plus en plus dans les cercles d’initiés. Les collectionneurs sensibles aux arts décoratifs du XXᵉ siècle reconnaissent en lui un artiste à part entière. Il participe à plusieurs expositions, bien que lui-même soit discret, modeste, peu porté sur la notoriété.
Un héritage sculpté dans le bronze
Diego Giacometti meurt à Paris en 1985. Sa disparition donne lieu à une redécouverte de son travail, que beaucoup avaient cantonné au rôle d’« assistant » d’Alberto. Le marché de l’art, les musées et les amateurs prennent alors la mesure de la qualité de sa production.
Son œuvre est aujourd’hui considérée comme l’un des sommets des arts décoratifs du XXe siècle. Elle incarne une modernité artisanale, un lien fort entre nature et forme, entre usage et poésie. Les meubles et sculptures de Diego Giacometti ne sont pas de simples objets d’ameublement : ils sont des œuvres d’art à part entière.
En conclusion
Discret mais influent, Diego Giacometti s’est imposé comme une figure centrale de la sculpture décorative du XXᵉ siècle. Si vous possédez un meuble, une sculpture ou un dessin de sa main, une expertise professionnelle est indispensable pour en évaluer la valeur réelle.
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