Vous possédez un tableau de Le Pho et vous vous demandez quelle est sa valeur sur le marché de l’art ? L’œuvre de cet artiste français d’origine vietnamienne suscite un vif intérêt chez les collectionneurs internationaux. Estimation, cote actuelle, fourchettes de prix : voici un guide complet pour comprendre la valorisation des différents types d’œuvres signées Le Pho.
Cote, valeur et estimation des œuvres de Le Pho (1907-2001)
Le Pho est aujourd’hui l’un des artistes asiatiques les plus prisés sur le marché de l’art moderne. Installé à Paris, il a su mêler techniques orientales et sensibilité picturale occidentale. Sa production variée se compose principalement de peintures sur soie, d’huiles sur toile, de dessins, mais aussi d’illustrations et, plus rarement, d’œuvres sur papier ou en techniques mixtes.
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Les peintures sur soie : le mélange subtil de tradition et de modernité
Support emblématique des débuts de Le Pho, la peinture sur soie constitue un segment très recherché. Réalisées entre les années 1930 et 1950, ces œuvres dépeignent souvent des femmes vietnamiennes, des bouquets ou des scènes familières dans une palette raffinée et poétique.
- Petits formats : entre 5 000 € et 15 000 €
- Formats moyens : de 15 000 € à 40 000 €
- Grands formats : jusqu’à 300 000 € pour des compositions majeures
Les huiles sur toile : une cote en constante progression
Le Pho se tourne vers l’huile sur toile dès les années 1950, avec un style plus libre, influencé par l’impressionnisme français. Ses thèmes favoris restent la figure féminine, les bouquets luxuriants et les scènes d’intérieur. Ces œuvres se distinguent par une matière picturale plus dense et un jeu de lumière subtil.
- Petits formats : entre 10 000 € et 25 000 €
- Formats moyens : de 25 000 € à 80 000 €
- Grandes toiles majeures : entre 100 000 € et 300 000 €, voire davantage pour les chefs-d’œuvre
Dessins, encres et aquarelles : un marché plus confidentiel mais actif
Le Pho a réalisé de nombreux dessins, esquisses et encres, souvent préparatoires à ses tableaux. Moins visibles sur le marché, ces œuvres attirent les amateurs avertis et les collectionneurs souhaitant acquérir un travail plus intime de l’artiste.
- Encres sur papier : entre 2 000 € et 6 000 €
- Dessins au crayon ou fusain : entre 1 500 € et 4 000 €
- Aquarelles : de 3 000 € à 8 000 € selon le sujet et l’état de conservation
Autres techniques et supports : estampes, lithographies, livres illustrés
Le Pho a également illustré quelques ouvrages d’artistes et réalisé des estampes ou lithographies à tirage limité. Ces pièces sont plus accessibles :
- Estampes et lithographies signées : entre 800 € et 2 500 €
- Livres illustrés : de 500 € à 3 000 € selon la rareté et la dédicace
Quels critères influencent la valeur d’une œuvre de Le Pho ?
La cote d’une œuvre de Le Pho dépend de plusieurs facteurs :
- L’authenticité : une provenance documentée et une signature claire sont essentielles.
- La technique et le support : l’huile sur toile et la soie sont les plus valorisés.
- Le format : les grandes compositions atteignent des sommets.
- L’état de conservation : notamment pour les soies, sensibles à la lumière et à l’humidité.
- Le sujet : femmes en kimono, bouquets de fleurs ou scènes de l’enfance sont très prisés.
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Le Pho (1907-2001) : Biographie d’un pont entre l’Orient et l’Occident
Né en 1907 à Hanoï, au Vietnam, dans une famille lettrée proche de la cour impériale, Le Pho bénéficie d’une formation artistique dès son plus jeune âge. Son père, Le Hoan, était gouverneur et fervent défenseur de la culture vietnamienne. En 1925, Le Pho intègre la toute nouvelle École des beaux-arts de l’Indochine, à Hanoï, fondée par le peintre français Victor Tardieu.
Il y reçoit un enseignement fondé sur la rencontre entre l’esthétique asiatique traditionnelle et les canons académiques occidentaux. Très vite, Le Pho se distingue par son talent. En 1931, il est sélectionné pour représenter le Vietnam à l’Exposition coloniale de Paris. Il choisit alors de rester en France et s’inscrit à l’École des beaux-arts de Paris. Ce séjour prolongé deviendra un exil volontaire.
Installé à Paris dès les années 1930, Le Pho entame une carrière qui ne cessera de se déployer entre deux cultures. Son œuvre conjugue l’art de la composition européenne à la finesse des motifs vietnamiens. Il explore la peinture sur soie avec un style très personnel, puis se tourne vers l’huile, développant une touche plus dense et expressive. Il collabore avec des galeries parisiennes dès les années 1950 et bénéficie d’une reconnaissance internationale croissante, en particulier aux États-Unis et en Asie.
Son style est facilement identifiable : silhouettes gracieuses, visages allongés, bouquets luxuriants, palette subtile et atmosphères rêvées. Le Pho peint souvent des scènes calmes, méditatives, empreintes de douceur. Ces images d’un Vietnam idéalisé répondent aussi au regard occidental en quête d’exotisme raffinement.
Durant les années 1960-1970, son style devient plus pictural, les couleurs s’intensifient, les compositions gagnent en audace. Cette période voit l’affirmation de ce qu’on appelle aujourd’hui le « style Le Pho » » : un syncrétisme heureux entre tradition asiatique et modernité occidentale.