À combien s’estime une œuvre de Thomas Gainsborough ? Que vous possédiez un dessin, une peinture ou une esquisse attribuée au maître britannique du XVIIIe siècle, chaque support possède sa propre valeur sur le marché de l’art. Ce guide vous aide à mieux comprendre la cote actuelle de l’artiste, les fourchettes de prix réalistes, et les critères d’authentification. Faites estimer gratuitement votre œuvre grâce à un commissaire-priseur.
—
Cote, valeur et estimation des œuvres de Thomas Gainsborough (1727-1788)
Maître incontesté du portrait britannique et pionnier du paysage romantique, Thomas Gainsborough est aujourd’hui une figure incontournable du marché de l’art ancien. Ses œuvres sont très recherchées, notamment en raison de leur rareté, de leur élégance et de leur importance historique. Voici les éléments clés pour comprendre la valeur de ses créations selon leur technique, leur sujet et leur état de conservation.
Faites estimer gratuitement une œuvre de Thomas Gainsborough via notre formulaire en ligne.
Peintures à l’huile : des chefs-d’œuvre recherchés par les collectionneurs
La majorité des œuvres connues de Thomas Gainsborough sont des peintures à l’huile sur toile, principalement des portraits. Leur valeur dépend du sujet (figure connue ou anonyme), de la qualité d’exécution, de la datation (les œuvres de maturité sont les plus prisées) et de leur état de conservation.
- Portraits d’apparat (toiles de grand format) : entre 300 000 € et plus de 5 millions € pour des pièces muséales.
- Portraits intimes ou études de tête : entre 80 000 € et 400 000 € selon le raffinement et la provenance.
- Paysages à l’huile : plus rares, ces toiles peuvent atteindre entre 100 000 € et 600 000 €, surtout s’ils témoignent de sa veine romantique précoce.
Dessins, croquis et lavis : un marché actif
Gainsborough a laissé un grand nombre de dessins préparatoires, à la craie noire, à l’encre ou au lavis brun. Certains sont des études de paysages, d’autres des ébauches de portraits. Ces œuvres sur papier ont leur propre marché, souvent plus accessible mais néanmoins recherché par les amateurs d’art britannique du XVIIIe siècle.
- Dessins à la craie noire ou au graphite : entre 4 000 € et 25 000 € selon la qualité et le sujet.
- Lavis à l’encre brune ou sépia : entre 8 000 € et 40 000 €, particulièrement pour les scènes rurales ou pastorales.
- Carnets de croquis ou feuilles d’études attribuées : entre 15 000 € et 60 000 € si authentifiés et bien conservés.
Œuvres attribuées ou issues de l’atelier
Le nom de Gainsborough ayant rapidement été entouré d’un grand prestige, de nombreuses œuvres lui ont été attribuées ou proviennent de son cercle immédiat. Il existe aussi des œuvres exécutées par son atelier, parfois avec sa supervision. Leur valeur est nettement inférieure, mais elles suscitent l’intérêt des collectionneurs à la recherche d’œuvres de goût anglais du XVIIIe siècle.
- Œuvre attribuée ou du cercle : entre 8 000 € et 60 000 € selon la qualité picturale.
- Copies d’après Gainsborough du XIXe siècle : entre 1 000 € et 8 000 €, selon le style et le support.
Critères d’expertise d’une œuvre de Gainsborough
L’estimation d’une œuvre de Gainsborough repose sur plusieurs facteurs clés :
- L’authenticité : validée par des comparaisons stylistiques, la provenance et les publications scientifiques.
- L’état de conservation : les repeints et restaurations excessives peuvent altérer la valeur.
- La datation : les œuvres des années 1760-1780 sont généralement les plus abouties.
- La provenance : un historique prestigieux (ancienne collection noble, institutionnelle, etc.) renforce considérablement la valeur.
Faites estimer gratuitement une œuvre de Thomas Gainsborough
Vous possédez un portrait, un dessin ou un tableau attribué à Gainsborough ? Une estimation fiable et argumentée permet de connaître sa valeur réelle sur le marché actuel. Nos commissaires-priseurs experts en peinture ancienne sont à votre disposition pour vous accompagner.
Cliquez ici pour une estimation gratuite et confidentielle par un commissaire-priseur spécialisé.
—
Thomas Gainsborough (1727-1788) : un maître du portrait et du paysage au siècle des Lumières
Un enfant de Sudbury promis à l’art
Thomas Gainsborough naît en mai 1727 à Sudbury, dans le Suffolk, au sein d’une famille de marchands. Très tôt, il manifeste un talent remarquable pour le dessin. À 13 ans, ses esquisses sont si convaincantes qu’il est envoyé à Londres pour se former auprès de Hubert-François Gravelot, un graveur et illustrateur d’origine française influencé par le rococo.
Les débuts londoniens et l’influence continentale
À Londres, Gainsborough étudie également à la St Martin’s Lane Academy, un centre de formation artistique fréquenté par les figures du renouveau pictural britannique. Il y découvre l’art flamand et néerlandais, notamment Rubens et Van Dyck, dont l’élégance aristocratique des portraits influencera durablement son style. Ces influences continentales imprègneront son approche du portrait d’apparat, qu’il développera avec un sens unique du mouvement et de la grâce.
Ipswich et Bath : les années de maturation
Après son mariage avec Margaret Burr en 1746, Gainsborough s’installe à Ipswich, où il commence à recevoir des commandes locales. Bien que les moyens soient limités, il y développe une solide technique et affine son sens du naturel. En 1759, il déménage à Bath, station thermale mondaine, où il attire une clientèle plus huppée.
À Bath, Gainsborough s’impose rapidement comme portraitiste de l’élite britannique. Il commence à peindre des toiles de grand format, mettant en scène ses modèles dans des décors naturels et théâtraux. C’est durant cette période qu’il réalise certaines de ses œuvres les plus célèbres, comme le Blue Boy, même si la datation de celle-ci demeure discutée.
L’accession à la reconnaissance royale
En 1774, Gainsborough s’installe définitivement à Londres. Il devient l’un des peintres favoris de la cour et reçoit plusieurs commandes royales, notamment du roi George III. Toutefois, sa relation avec la Royal Academy, qu’il contribue à fonder, demeure tendue. Il conteste la disposition des œuvres lors des expositions, préférant garder le contrôle sur la présentation de ses tableaux.
En parallèle de son activité de portraitiste, Gainsborough poursuit une recherche personnelle dans la peinture de paysage, qu’il considère comme son véritable amour artistique. Inspiré par la nature anglaise, il réalise des paysages poétiques où les effets de lumière dominent la composition. Ces œuvres, souvent plus libres et sensibles, annoncent déjà le romantisme du XIXe siècle.
Un style personnel entre classicisme et émotion
Gainsborough se distingue de ses contemporains par son traitement fluide de la matière, ses couleurs subtiles et son approche intuitive du portrait. Contrairement à son rival Joshua Reynolds, qui privilégiait un style plus académique et héroïque, Gainsborough recherche la spontanéité, la grâce et le mouvement naturel. Son coup de pinceau, souvent rapide et expressif, donne vie à ses sujets avec une intensité rare.
Dernières années et postérité
Thomas Gainsborough meurt en 1788 à l’âge de 61 ans, laissant une œuvre considérable. Il est enterré à Kew, non loin de la cour qu’il avait servie. Sa réputation ne cesse de croître après sa mort, notamment au XIXe siècle, lorsqu’il est reconnu comme l’un des précurseurs du romantisme anglais. Ses paysages ont inspiré des générations de peintres, de Constable à Turner, et ses portraits incarnent encore aujourd’hui l’élégance du siècle des Lumières.
Son œuvre est aujourd’hui conservée dans les plus grandes collections internationales, publiques et privées. Peintre de la lumière et de la délicatesse, Thomas Gainsborough reste un jalon essentiel de l’histoire de l’art britannique.